Anne Hidalgo peut-elle gagner grâce à  l’union de la gauche ?

L’idée de l’organisation d’une primaire « très très large » évoquée par la candidate socialiste à la présidentielle semble ne pas émouvoir ses paires de la gauche. La guerre d’égo fait toujours obstacle  à une possible union de cette partie de l’échiquier politique.

L’idée de l’organisation d’une primaire « très très large » évoquée par la candidate socialiste à la présidentielle semble ne pas émouvoir ses paires de la gauche. La guerre d’égo fait toujours obstacle  à une possible union de cette partie de l’échiquier politique. Les candidats déclarés comme l’Insoumis Mélenchon, le communiste Roussel ou encore l’écologiste Jadot ont clairement opposé leur « ‘non » à cette proposition d’Anne Hidalgo. Mais au cas où elle aurait lieu, cette primaire pourra-t-elle sauver la gauche d’une humiliation en 2022 ?

 

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Le Parti socialiste sur le point de disparaître ?

De nombreux paramètres, dont les égos personnels, les intérêts financiers des formations politiques ainsi que leur risque de disparition bloque les hypothèses de cette candidature unique. Il y a également les deux tandems, les forces en présence, qui bloquent toute issue.

D’un côté, le duo Hidalgo-Montebourg, l’une créditée entre 3 et 5 % des intentions de vote, et l’autre faisant cavalier seul. En face : les deux plus importantes formations de la gauche, la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (8 % dans les sondages), et les écologistes de Yannick Jadot crédité à 7 %. Les communistes ayant à leur tête Fabien Roussel se sont rangés dans ce dernier rang.

« Il y a un certain désarroi dans la proposition d’Anne Hidalgo », remarque Daniel Boy. A l’en croire, la maire socialiste comme Arnaud Montebourg cherchent « une porte de sortie honorable » à cette campagne galère. Tous deux embourbés dans les sondages, « il y a un risque de ne pas faire plus de 5 %, ce qui peut coûter très cher », analyse Laurence Morel, maîtresse de conférences à l’université de Lille et chercheuse associée au Cevipof. Cher à deux titres : d’abord le non-remboursement des frais de campagne, ce qui peut faire très mal à un gros parti, et ensuite la claque symbolique.

« La présidentielle est la clé du système politique français, si le PS n’y va pas, c’est avouer qu’il est mort », juge Daniel Boy. Ce qui explique cette proposition de la candidate d’Anne Hidalgo, qui espère redevenir le porte-étendard de la gauche

Toujours selon Mme Morel, « Jadot et Mélenchon ne sont pas aussi désespérés, il y a pour eux plus de risque de ne pas être désigné ». S’agissant de Yannick Jadot, l’eurodéputé a déjà  pris par une primaire dans son parti, ce qui ne fait plus de doute sur la légitimité de sa candidature.

 

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Mélenchon et Jadot résistent

De même, on estime aussi cette fois à EELV que « le tour du parti est arrivé » après s’être toujours allié au Parti socialiste tant de fois,  indique Fabien Escalona, chercheur associé à Sciences Po et journaliste à Médiapart. Et, en gardant un œil sur les législatives, « les Verts veulent pouvoir recréer un groupe à l’Assemblée ».

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, ancien du PS « n’a pas confiance » dans son ancien parti, évoque Daniel Boy, et a passé tout le mandat de François Hollande à « lui taper dessus ». Et si Laurence Morel « n’exclut pas que Jean-Luc Mélenchon finisse par accepter » la primaire, elle « doute qu’il soutienne vraiment Anne Hidalgo si elle gagnait ». Le leader Insoumis est cependant resté clairement opposé à la primaire ce jeudi.

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