David Mercier : DGS – Directeur Général des Services, c’est quoi ?

Si la plupart des habitants d’une commune pensent au maire, en première instance, lorsqu’ils rencontrent un problème, c’est aussi le DGS, le Directeur Général des Services, qui chapeaute l’ensemble des services de la mairie de la commune et veille à son bon fonctionnement, dans de nombreux domaines.

Quel est son rôle exactement et tout le monde peut-il le devenir ?

Explication avec David Mercier : Que veut dire être DGS ?

La question mérite d’être posée car le Directeur Général des Services ; si personne ne peut nier son importance au sein de la commune ; n’a pas de statut précis.

Situation à laquelle le SNDGCT (Syndicat National des Directeurs Généraux des Collectivités Territoriales) souhaitait remédier en définissant son rôle, à défaut de lui donner un statut clair. Car, malheureusement, les élus n’envisagent pas forcément que cela soit bien défini, pour ne pas ternir leur réputation d’omnipotence auprès des électeurs, sans doute.

Si la situation semblait inextricable, une définition du métier ; pour le moins protéiforme ; a eu l’heur de convaincre les camps qui s’affrontaient. Le Directeur Général des Services « participe à assurer la bonne gestion des ressources financières et humaines et à la bonne mise en œuvre du dialogue social ».

Quelques mots seulement, mais on le comprend : quelle difficulté et quelles missions plurielles !

Cette situation, David Mercier, qui a été DGS dans l’Eure-et-Loir la connait. Pendant des années, il a managé des équipes, trouvé des solutions, budgétisé des projets, tout en restant dans l’ombre. Toujours ? Non, car les vertus de l’homme ont été mises en avant et distinguées en 2018. En recevant les insignes de Chevalier dans l’ordre national du mérite, c’est un métier souvent méconnu qui a été récompensé.

Car, même sans voix délibérative, dans une instance, il faut être force de proposition et opérer en continu une veille professionnelle dans des domaines aussi divers que le social, le droit, le logement.

Mais être DGS, c’est être aussi une personne qui arrive à faire des choix en tenant compte des attentes et des besoins des citoyens, tout en étant à l’écoute de ceux des élus et des pouvoirs régaliens. Une gageure qui suppose d’avoir la tête sur les épaules, de savoir subir la pression, tout en restant maitre de soi.

Les élus, au moment de leur élection établissent des programmes, ont des objectifs à atteindre et ce, pour continuer à bénéficier de la confiance des électeurs et des habitants de la commune ou de la collectivité territoriale.

A cela s’ajoutent des exigences de terrain qui surviennent pendant le mandat : un bâtiment qui se révèle dangereux et nécessite une destruction, une école qui doit ouvrir ou fermer une classe. C’est au DGS de régler tous ces problèmes, tout en respectant un budget imparti.

Le maire, dans le cas d’une commune ; est l’employeur direct du DGS. Il faut donc répondre à ses ambitions tout en restant proche des personnes qui vivent dans la ville.

Ce sont elles qui ont élu le maire et par ce vote, elles sont en attente d’un certain fonctionnement, de la mise en place de certaines choses, sans se douter du travail que cela représente.

David Mercier vous donne des pistes : Quelles qualités faut-il pour devenir DGS ?

On a tendance à dire des entrepreneurs qu’ils doivent être multi casquettes ; c’est-à-dire endosser, au fil de la journée, plusieurs rôles : comptable, commercial, gestionnaire, communicant…

Ceux qui y arrivent sont portés au pinacle et il est certain qu’on leur voue une certaine admiration. Par la force de leur travail, ils arrivent à vivre de leur activité. Par leur pugnacité, ils passent à travers les obstacles. Malgré les difficultés conjoncturelles, ils arrivent à mener leur barque jusqu’au port. Une récompense sociale indirecte, dans l’inconscient collectif.

Pour le DGS, c’est exactement la même chose à une seule distinction près : personne ne sait réellement qui ils sont et ce qu’ils font. Pourtant, David Mercier ne l’a jamais mal vécu, ce qui lui a valu, lors de cette distinction, d’avoir également quelques compliments sur son comportement. Une personne qui sait, au-delà du sérieux de sa mission, faire preuve d’humour, qui n’a pas peur de travailler…

Car, pour prétendre au poste de Directeur Général des Services, il faut posséder, soit, des talents de gestionnaire, pour économiser sur le budget de fonctionnement, mais aussi répondre aux imprécations des contrôleurs de gestion qui veulent des plans de financement clairs.

S’il faut également répondre à ce que souhaite la population, il est important d’être en mesure d’apporter de bonnes conditions de travail aux fonctionnaires œuvrant tous les jours au sein de la collectivité. Cela n’est pas simple car il faut conjuguer avec la piètre opinion que peuvent avoir d’eux certains français, tout en demandant d’eux le meilleur, au jour le jour. Manager une équipe demande de la poigne, de l’empathie, tout en devant faire face à un agenda de ministre et des imprévus en pagaille.

Il est facile de comprendre que la personne qui ambitionne de devenir DGS doit être organisée et méthodique, ne pas avoir peur de retrousser ses manches et surtout, de comprendre en un temps record les enjeux de telle ou telle situation, afin d’y apporter une solution ou une amélioration.

Bien entendu, le métier a ses aspects sympathiques : le fait de figurer dans bon nombre d’événements au sein de la collectivité, d’entendre la satisfaction des personnes présentes (mais aussi leurs doléances) tout en acceptant, que, généralement, les remerciements soient adressés au maire ou au responsable pour qui il travaille qui tire gloire de ce qu’il a accompli.

Le métier de DGS, comme a pu le constater David Mercier, au fil des années permet de devenir philosophe. Une qualité qui ne s’apprend pas dans les livres, ni même sur les bancs de l’université, mais bien à l’école de la vie et du travail.

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