La gestion de crise alimentaire, comment cela marche ?

Les crises alimentaires, il y a en toujours eu, et l'une des plus commentées est celle qui se produisit dans toute l'Europe en 2013, il y a une petite dizaine d'années, où les industriels pour l'appat du gain, voulaient faire passer du cheval pour du boeuf, et le faisaient entre autres mélanger dans des plats cuisinés.

La gestion de crise alimentaire – comment ça marche ? En situation de crise, il n’est pas simple de prendre des décisions avisées. Même le cadre supérieur le plus lucide et le plus décisif dans les situations quotidiennes peut être déstabilisé par une crise, entraînant des erreurs inhabituelles, des évitements de décisions.

Note de l’auteur :

Il est toujours très difficile de parler des problèmes liés au monde de l’alimentaire. Mais ici comme ailleurs, le pire n’est jamais certain, et pour initier un tel sujet,  nous commencerons par une des perles de sagesse que nous a laissé Benjamin Franklin :

  • « Dans ce monde, rien ne peut être considéré comme totalement certain ou sûr, si ce n’est la Mort et les Impôts ».

Benjamin Franklin a été l’un des personnages américains, parmi les plus illustres, il naquit en 1706 à Boston (USA) et mourut en 1790, à  l’age de 84 ans, mais en dehors de ses écrits, il inventa aussi le paratonnerre en juin 1752.

Cependant, l’agroalimentaire est un domaine trop sensible où en cas de crise majeure, les erreurs et les mauvaises gestions telles que la prise de mauvaises décisions ou du retard sur la prise de décisions ne sont pas vraiment permises, car elles peuvent mettre en danger la vie ou la santé de nombreuses personnes.

Du côté des entreprises, les dirigeants risquent, eux, des poursuites judiciaires, la mise en cause de la réputation de leur entreprise, la faillite ou la disparition de l’entreprise qui signifie chômage pour tout le personnel.

Aucune entreprise agroalimentaire n’est à l’abri d’une crise majeure. Et dans cet article, on vous explique comment précisément ça marche la gestion de crise alimentaire.

Menaces à prendre en compte dans le domaine de l’agro-alimentaire

Chaque entreprise agroalimentaire devrait mener sa propre évaluation des problèmes qui pourraient aboutir à des crises majeures. Pour cela, une séance de remue-méninges impliquant un groupe multidisciplinaire de cadres supérieurs est conseillée.

Parmi les problèmes potentiels qui peuvent apparaître figurent notamment :

  • La contamination de produits que ce soit accidentelle ou volontaire (crise alimentaire issue d’une contamination radioactive ou des produits toxiques, crise alimentaire issue d’une contamination par des produits chimiques illégaux, crise alimentaire issue d’une contamination par des médicaments, crise alimentaire issue d’une contamination par des maladies…) ;
  • Un défaut majeur de qualité de produits (alimentaires) ;
  • Erreur dans la composition des produits ;
  • Présence d’ingrédients inconnus, suspects ou toxiques ;
  • Pression de la part d’un consommateur ou d’un groupe environnemental ;
  • Incidents dans une usine de fabrication, tels qu’un incendie, une explosion ou un accident entraînant des problèmes de production, des blessures, des morts, d’arrêt de la production qui à son tour peut causer des problèmes d’approvisionnement de produis de nécessité pour les consommateurs…
  • Problème d’approvisionnement, pénurie de matières premières…

Connaître les premiers indices d’un problème sérieux

Un comité de crise doit procéder à une évaluation des risques et menaces auxquels pourrait, en théorie, faire face l’entreprise. Ces risques et menaces doivent être pris en compte en sachant que le premier indice d’un problème grave de sécurité sanitaire des aliments peut provenir de plusieurs sources différentes comme une plainte d’un consommateur, une réclamation de consommateur renvoyée par un magasin, une plainte des autorités de régulation, une alerte de source publique ou médicale, un appel téléphonique de la police, un message menaçant ou une tentative d’extorsion ou encore une enquête des médias.

Les actions à entreprendre pour faire face à une crise

Pour faire face à la crise de manière appropriée, vous pouvez prendre les mesures suivantes et dans cet ordre :

  • Assembler une équipe de crise et tenir une réunion immédiate pour discuter des actions à mener ;
  • Alerter votre consultant en relations publiques, le cas échéant ;
  • Aviser les autorités et les médias si c’est nécessaire ;
  • S’assurer que tous les appels des médias sont renvoyés au porte-parole désigné de l’entreprise (sans commentaire ni divulgation d’informations) par le standard ou toute autre personne de l’entreprise susceptible de recevoir une demande d’un journaliste ;
  • Alerter les assureurs et les avocats et toute autre entité qui pourrait fournir de l’aide extérieure ;
  • S’assurer que toutes les demandes commerciales et techniques sont dirigées vers les experts appropriés ;
  • Établir les faits et l’ampleur du problème et à la lumière des informations obtenues, décider de l’action à mener (faut-il arrêter la production voire fermer l’usine concernée ? Le cas échéant, envisager le retrait des publicités télévisées et des publicités presse pour le produit concerné et toute autre marque ?) ;
  • Identifier le produit concerné par le problème ;
  • Retirer et isoler tout produit suspect ;
  • Préparer un communiqué de presse (si nécessaire)
  • Aviser les clients du produit qui peut être un danger pour eux ;
  • Aviser les clients qui ne sont pas concernés par le problème ;
  • Aviser les médias et distribuez le communiqué (le cas échéant) ;
  • Envisager une autre utilisation du produit suspect ;
  • Enquêter sur la cause du problème et le régler.

Anticipez les incidents avant qu’ils ne surgissent

Peu importe le professionnalisme et l’efficacité d’une entreprise, il y a toujours la possibilité qu’un problème grave surgisse et se transforme en une crise majeure. Réfléchir aux ramifications possibles d’une telle éventualité et préparer des réponses et des scénarios pour y faire face permettra à l’entreprise de mieux se préparer pour faire face à l’inattendu.

L’anticipation est d’autant plus important dans un domaine où le lien entre incident et santé est très ténu comme l’est l’agroalimentaire.

Préparez-vous donc à l’impensable ! Des séances de remue-méninges sont un excellent moyen pour déterminer les pires incidents qui pourraient affecter votre entreprise.

L’adhésion à des associations professionnelles et à des organismes de recherche ainsi qu’une analyse régulière des médias aident aussi à rester au courant des menaces et les tendances dominantes. Ce qui est essentiel.

Utiliser une solution logicielle HACCP

Il existe de nombreuses façons pour une entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire d’éviter les incidents majeurs. Ces actions comprennent :

  • L’adoption de systèmes pour identifier et contrôler les éventuels dangers et risques à toutes les étapes de la chaîne de production tel qu’un système HACCP;
  • L’adoption des procédures rigoureuses de contrôle des aliments, y compris des contrôles de qualité, d’hygiène et de processus ;
  • Et aussi faire preuve d’un sens de la responsabilité sociale dans les stratégies marketing, les politiques d’achat, les relations avec les employés (notamment en période de changement culturel ou de négociation syndicale) ainsi que dans les relations avec les communautés locales et le public en général.

L’HAACP pour Hazard Analysis Critical Control Points (Système d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques en français) est à la fois une méthode et un logiciel de travail utilisé dans le domaine de la sécurité des aliments et permet d’identifier et de contrôler les dangers microbiologiques ainsi que d’autres risques généraux tels que l’inclusion de corps étrangers, de résidus et de contaminants pouvant survenir lors de la fabrication des aliments, de la production de matières premières à la transformation, l’emballage et la distribution jusqu’au consommateur final.

L’application des principes HACCP permettra à une entreprise de progresser considérablement pour garantir la sécurité de ses produits, non seulement pendant la fabrication mais également à toutes les étapes, depuis la culture ou l’élevage, la récolte ou l’abattage jusqu’à l’achat, la distribution et la vente au détail.

Enfin, sachez que la méthode HACCP a été élaborée aux États-Unis pour la maîtrise de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires par un laboratoire dépendant de la NASA en 1959. Il faudra attendre l’année 1993 pour qu’elle soit finalement introduite dans l’Union européenne par la directive 93/43/CE relative à l’hygiène des denrées alimentaires.

Aujourd’hui, il existe sur le marché de nombreux logiciels qui simplifient la démarche HACCP que les entreprises agroalimentaires peuvent se procurer.

Comment retirer les produits de la vente ?

Si la santé et la sécurité du public ne doivent jamais être mises en danger, il est à la fois légitime et judicieux de déterminer s’il est possible de retirer discrètement le stock concerné du commerce de détail avant qu’il n’ait été vendu. En procédant à un tel retrait technique, l’entreprise agit de manière responsable en éliminant un problème potentiel et en évitant ainsi de créer une inquiétude publique inutile.

Cependant, il arrive parfois qu’un retrait et rappel de produits public est plus approprié. Une telle approche a le mérite d’être plus prudente pour éviter que les produits dangereux n’arrivent chez les consommateurs des dangers.

Nous reviendrons sur le présent article, car il y a beaucoup à en redire, mais volontairement nous en resterons là, en attendant une prochaine suite, en attendant, nous faisons un rapide focus (résumé), sur l’un des faits réels qui se passa en Europe, il y a quelques années.

Fait réel En Europe, année 2013 – Crise Alimentaire.

Un de ces faits divers, de portée Européenne,  la fraude à la viande de cheval de 2013 fut une fraude alimentaire commise à l’échelle européenne en faisant passer de la viande de cheval pour de la viande de bœuf, principalement à cause de l’appât du gain.

Portant sur environ 4,5 millions de plats préparés, elle touchera, à des degrés divers, des dizaines de millions de consommateurs, et le scandale au niveau Européen, fut énorme, et bouleversa le commerce de la viande, dans certains pays.

Selon l’agence anti-fraudes (DGCCRF), En France ce sont 750 tonnes de viande faussement étiquettées Boeuf, qui sont sorties des usines de Spanghero (usine située dans le sud de la France), il semblerait que des plats cuisinés aient été fabriqués avec cette viande totalement dénaturée, une grande partie a pu être suivie, mais le reste, il subsiste des doutes.

De nombreux industriels, dans de nombreux pays Européens, furent concernés, et l’un des avantages que le public put en tirer, c’est que ce scandale mit en lumière la complexité du commerce de la viande dans toute l’Europe.

Auteur Antonio Rodriguez, Editeur et Directeur de Clever Technologies

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