Eric Esnault : Les œuvres d’art revisitées grâce à l’AI – Intelligence Artificielle

Introduction de Eric Esnault : Le sujet de la provenance, ou plus largement de l'authenticité, est l'un des plus sensibles du monde de l'art, et constitue une partie importante de son contentieux.

Les amateurs d’œuvres d’art purs et durs sont certainement choqués par par ce qu’il découvre de l’évolution d’un art majeur en utilisant la nature même de l’esprit de l’AI ou Intelligence artificielle. D’autres voient une nouvelle façon de créer, voire même de réinterpréter certaines œuvres antiques. Cela a déjà été le cas pour la Joconde entre autres et le résultat est assez surprenant.

Eric Esnault – La question se pose : génie, opportunisme ou simplement l’innovation au service de l’art ? L’histoire nous le racontera.

Eric Esnault vous explique a quoi sert l’Intelligence Artificielle dans le monde de l’Art ?

Tout le monde a déjà vu, ne serait-ce que sur les réseaux sociaux une vidéo qui a été détournée dans le seul but de divertir les internautes.

Eric Esnault vous explique a quoi sert l’Intelligence Artificielle dans le monde de l’Art ?
Eric Esnault – Intelligence Artificielle dans le monde de l’Art ?

En visitant le musée du Louvre, chaque année, des millions de visiteurs s’arrêtent devant un des tableaux les plus énigmatiques de l’histoire : la Joconde. Les théories les plus farfelues ont été avancées pour expliquer son demi-sourire : le fait que le modèle ait été enceinte du peintre ou encore que la Joconde soit en fait…un homme. L’AI va plus loin que le fait de changer une vidéo en analysant les caractéristiques d’un visage ; comme cela a été le cas pour cet illustre tableau.

L’apparentant à un vrai visage humain, les algorithmes de l’AI ont pu faire bouger les traits de la femme sur le tableau qui a pu hausser le sourcil ; voire même suivre des yeux, les visiteurs présents. Bien sûr, si l’on peut crier au sacrilège, en dénaturant ainsi une peinture aussi emblématique, il n’en reste que l’AI peut être considérée comme un nouveau moyen de créer. Le problème est quand elle est utilisée pour reproduire des tableaux connus, ce qui multiplierait les faux.

Heureusement, comme pourrait en témoigner Éric Esnault, la blockchain pourrait être la solution. Non, la blockchain n’est pas utilisée uniquement dans le domaine des cryptomonnaies et ce spécialiste de l’art, connu pour être un fin analyste des tendances culturelles, pense que les algorithmes de la blockchain pourraient être un support qualitatif pour une meilleure traçabilité des œuvres d’art. En effet, quand on achète une œuvre d’art (cela peut être un tableau, une statuette, un vase…), surtout quand le prix demandé est très cher, il est normal de vouloir en savoir plus sur sa provenance.

Un objet le plus souvent, passe de main en main, au hasard des successions, des achats dans des galeries et sites spécialisés ou encore lors de ventes aux enchères. Connaitre son passé, le nom de ses différents propriétaires, et sa provenance en général, permet à l’acquéreur d’avoir la garantie qu’il ne s’agit pas d’un faux ou encore qu’il n’a pas été volé. Auquel cas, quelle que soit la somme déboursée, il faudrait le rendre sans autre forme de procès à son propriétaire, ce qui suppose toujours des contentieux et des situations litigieuses.

La blockchain selon Éric Esnault, avec ses algorithmes et en tant que machine serait bien entendu, moins susceptible de faire des erreurs d’appréciation ; ce qui peut arriver même à un expert aguerri.

Eric Esnault : Quelle est la place de l’AI dans l’Art ?

Obtenir une meilleure traçabilité dans le monde de l’Art dans sa grande globalité serait donc facilitée par l’AI, selon Éric Esnault, mais l’intelligence artificielle, comme nous l’avons vu, ne serait pas utilisée uniquement à de telles fins. Même s’il faudrait, légalement, entourer la pratique, pour limiter la création de reproductions non autorisées ; et donc de faux ; l’AI est donc une formidable opportunité de créer des œuvres d’art, sans pourtant avoir un don artistique comme cela a pu être le cas pour Vermeer, Dali ou encore plus récemment Jean-Michel Basquiat.

Les styles et les époques ne sont pas les identiques, pourtant, personne ne peut nier qu’il s’agit d’art. Même si certains tableaux ou statues sont tellement réalistes qu’on a l’impression qu’ils vont s’animer sous notre regard, ne peut-on pas reprocher à l’art d’être figé ? Soit, il nous permet, avec cette immobilité de nous forger une impression, de tenter de percer les mystères qui se cachent parfois derrière certaines couleurs ou arrière-plans. Et s’il était possible de ressusciter Marilyn Monroe, souriante sur les tableaux colorés d’Andy Warhol ou qu’elle cligne de l’œil sur toutes les photographies où l’on sent poindre sa nostalgie et son désespoir de ne pas être aimée pour elle-même ?

Et si, Le Cri de Munch, soudain, devenait un bonhomme souriant et qui fait de grands signes ? Soit, l’idée première de l’artiste ne serait pas représentée sans doute, mais cette option ne pourrait être choisie que par ceux qui le souhaitent. Les autres pourraient continuer à contempler les œuvres intemporelles, sans se soucier des algorithmes et de leurs possibilités quasi infinies. La protection de l’art et des propriétaires d’œuvres artistiques, comme le soutient Éric Esnault, la création de nouvelles ne sont qu’une des utilisations possibles de la blockchain. Elle est déjà présente dans les process de fabrication, pour les mêmes raisons, et dans le monde industriel.

Les nouvelles technologies apporteraient donc de la sécurité, mais aussi de l’innovation, rendant certaines choses inertes, comme animées par un souffle. De quoi laisser cavaler l’imagination et penser que, grâce à la blockchain, les photos de nos chers disparus pourront un jour, continuer à nous sourire depuis les cadres, quand nous nous sentons tristes. La blockchain qui altère l’absence des disparus ou qui permet à de nouveaux talents d’émerger, tout cela reste encore à découvrir.

En tout cas, les algorithmes ; soit des règles opératoires et des calculs ; en étant à priori l’exact contraire de l’Art : spontané, unique, créateur d’émotion ; se mettent à son service et l’on ne peut que s’en féliciter ou tout au moins, suivre cela de très près.

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