Les soubresauts de fin de mandat, Emmanuel Macron serait-il le dernier survivant du macronisme ?

Le premier quinquennat d’Emmanuel Macron tire vers sa fin et les langues se délient. Dans leur dernier livre, « Le traître et le néant » publié ce mercredi 13 octobre chez Fayard, les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme parlent du macronisme. Un concept donc seul Emmanuel Macron peut expliquer le contenu.

Le premier quinquennat d’Emmanuel Macron tire vers sa fin et les langues se délient. Dans leur dernier livre, « Le traître et le néant » publié ce mercredi 13 octobre chez Fayard, les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme parlent du macronisme. Un concept donc seul Emmanuel Macron peut expliquer le contenu. Même ses collaborateurs et des alliés politiques n’en ont aucune idée.

 

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Pierre Person raconte le revirement spectaculaire

Ça devient désormais une tradition pour les deux journalistes du journal Le Monde de se plonger dans les méandres du pouvoir à chaque fin de mandat. L’aventure a commencé en 2011 avec le premier livre, « Sarko m’a tué ». En 2020, c’est le tour d’Emmanuel Macron avec « ’Le traître et le néant »’. Dans un livre de 620 pages, Gérard Davet et Fabrice Lhomme révèlent le vide qui entoure le fameux concept « ’macronisme »’

Dans leur enquête, les collaborateurs et alliés politiques du président ont refusé de s’exprimer, ordre de l’Elyée. Seuls les anciens proches ou les alliés politiques dont sa survie ne dépend pas de Macron ont accordé d’entretiens aux deux journalistes. C’est le cas de Pierre Person, l’un des ouvriers de la première heure. Élu député en 2017, il a été notamment le délégué général adjoint de la République en marche. Un poste qu’il quittera finalement en septembre 2020.

Pierre Person ne se retrouve plus dans le projet d’Emmanuel Macron qui va, selon lui, en contradiction avec l’idéologie politique retenue avant 2017. Dans ses propos, il confie que les profondes divergences se sont soulevées dès la présentation programme présidentiel en 2017. « On a choisi la ligne la plus conservatrice à la ligne plus allante qui était la nôtre », raconte l’ancien numéro 2 de LREM. Cependant, le président élabore un programme « disruptive », avec à la clé, la refonte des institutions. C’est donc depuis cette période que le régime à perdu ses repères, explique le député de Paris.

 

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« On n’a pas cherché à développer une matrice idéologique »

Autour d’Emmanuel Macron, tout le monde a conscience qu’il n’existe aucun parti politique. D’ailleurs, dans son analyse livrée au deux journalistes, François Bayrou parle des quatre piliers sur lesquels se repose un parti politique.

« Un parti politique, c’est quatre choses. Un, c’est une doctrine, une philosophie, une vision du monde, une idéologie. (…) Deuxièmement, c’est une affectio societatis : “Il est des nôtres”, ça veut dire un goût pour être ensemble. Troisièmement, c’est un enracinement, un réseau. Dans chaque région, une présence, légitimée par les élections. Et, quatrièmement, c’est un leader. Si vous n’avez pas les quatre, vous tombez », explique le président de MoDem, un allié politique d’Emmanuel Macron.

Sur ces quatre piliers, LREM ne respecte qu’un seul, le quatrième, celui d’avoir une leader : Emmanuel Macron. « On n’a pas cherché à développer une matrice idéologique. Je sais bien qu’il n’y a pas de parti, c’est pour ça, d’ailleurs, que j’en ai quitté la direction à la rentrée 2020, parce que j’ai considéré que ça n’avait plus vraiment de sens », reconnaît Aurore Bergé la députée des Yvelines. « Il n’y a personne derrière… le jour où le président s’en va, il n’y a personne pour être président à sa place », raconte Marlène Schiappa dans le livre.

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