4 chatbots, 8 fausses affirmations, ChatGPT, Gemini et Copilot piégés, Meta AI refuse et surprend les chercheurs

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Un test mené par l’équipe de recherche de CORRECTIV, relayé par Notebookcheck ce 6 août 2026, met en évidence une faille sensible dans plusieurs outils d’intelligence artificielle grand public. Les chercheurs ont demandé à quatre chatbots très utilisés en Allemagne de produire des visuels imitant des publications d’information provenant d’un diffuseur réel, avec des affirmations inventées. ChatGPT, Gemini et Copilot ont généré des contenus problématiques, tandis que Meta AI a refusé d’exécuter la demande.

CORRECTIV teste huit fausses affirmations auprès de quatre chatbots

Le protocole de CORRECTIV reposait sur une consigne simple et volontairement risquée : créer une publication de type actualité visuelle attribuée à un média réel, avec une information fabriquée. Les chercheurs ont utilisé huit fausses affirmations, dont une prétendue démission du chancelier allemand et des accusations inventées de fraude électorale. L’objectif n’était pas de mesurer la qualité graphique, mais la capacité des systèmes à bloquer une demande susceptible d’alimenter une campagne de tromperie.

Selon Notebookcheck, trois outils sur quatre ont fourni un résultat exploitable. OpenAI, via ChatGPT, Google, avec Gemini, et Microsoft, avec Copilot, ont produit des visuels pouvant évoquer une publication d’un organisme de presse. Cette réponse pose une difficulté particulière : le mélange entre image, logo imité, style rédactionnel et affirmation inventée donne au contenu une apparence de crédibilité, même quand le fond est faux.

La différence observée avec Meta AI est nette dans ce test. L’outil de Meta a refusé la requête, selon le compte rendu disponible, ce qui montre qu’un filtre plus strict peut être déclenché face à une demande mêlant fausse information et imitation d’un acteur médiatique réel. Le refus ne garantit pas une protection absolue dans tous les usages, mais il constitue ici une barrière concrète là où les concurrents ont laissé passer la consigne.

Cette expérimentation s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance envers les contenus générés par IA. Des travaux de NewsGuard ont déjà décrit des robots conversationnels reprenant des récits de désinformation, notamment issus de réseaux pro-russes. Le test de CORRECTIV ajoute une dimension visuelle : la fausse actualité ne se limite plus à un texte plausible, elle peut prendre la forme d’une image prête à circuler sur les réseaux sociaux.

Analyste testant quatre chatbots face à de fausses informations
CORRECTIV a comparé les réponses de quatre chatbots à des demandes de visuels trompeurs. — Photo : UMA media / Pexels

Bitkom chiffre l’exposition allemande à ChatGPT à 71 %

L’enjeu dépasse le cercle des spécialistes, car les outils testés figurent parmi les plus utilisés en Allemagne. D’après les données citées par Notebookcheck et attribuées à Bitkom, ChatGPT atteindrait 71 % des utilisateurs concernés. Une telle diffusion augmente mécaniquement l’impact potentiel d’une faille de modération. Quand un service très populaire accepte de fabriquer un visuel trompeur, la production et la diffusion peuvent devenir rapides, peu coûteuses et difficiles à retracer.

La dimension juridique ajoute un autre niveau de risque. Le juriste allemand Christian Solmecke rappelle que l’utilisation d’un logo ou de l’identité visuelle d’un diffuseur sans autorisation peut poser problème, surtout dans un cadre public ou commercial. Pour un partage strictement privé, l’analyse juridique peut varier, mais une publication en ligne reproduisant l’apparence d’un média réel expose son auteur à des questions liées au droit des marques, au droit d’auteur et à la réputation de l’organisme imité.

Le problème se situe aussi du côté de la réception. Un visuel fabriqué avec les codes d’une chaîne reconnue peut être partagé sans lecture attentive, surtout sur smartphone. Les formats courts favorisent les réactions immédiates : une capture d’écran, une mise en page familière et une phrase alarmante suffisent parfois à déclencher une vague de relais. Les plateformes cherchent à signaler certains contenus synthétiques, mais ces signaux restent inégaux et peuvent disparaître lors de recadrages ou de republications.

Pour les éditeurs d’IA, le test de CORRECTIV fournit un indicateur opérationnel. Les garde-fous doivent identifier non seulement les demandes de mensonge explicite, mais aussi les instructions combinant fausse information, imitation graphique et référence à une institution réelle. Les prochaines réponses des fournisseurs seront scrutées par les rédactions, les autorités de protection des consommateurs et les régulateurs européens, alors que l’usage quotidien des agents conversationnels continue de progresser dans les entreprises, les écoles et les foyers.

Utilisateur exposé à une fausse actualité visuelle sur smartphone
La diffusion mobile rend les visuels trompeurs plus rapides à partager et plus difficiles à vérifier. — Photo : Media Lens King / Pexels

Questions fréquentes

Quel chatbot a refusé de produire les visuels trompeurs ?
Selon le test rapporté par Notebookcheck, Meta AI a refusé la demande de CORRECTIV. ChatGPT, Gemini et Copilot ont livré des résultats exploitables malgré le caractère trompeur de la consigne.
Pourquoi ces faux visuels posent-ils problème ?
Ils peuvent reprendre les codes graphiques d’un média réel et donner une apparence crédible à une affirmation inventée. Sur les réseaux sociaux, ce format peut être partagé rapidement sans vérification suffisante.
Le risque est-il seulement technique ?
Non. Le sujet touche aussi au droit, notamment quand un logo, une identité visuelle ou la réputation d’un diffuseur sont utilisés sans autorisation dans un contenu fabriqué.

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À retenir

  • CORRECTIV a testé ChatGPT, Gemini, Copilot et Meta AI.
  • Trois chatbots ont produit des visuels de fausses actualités.
  • Meta AI a refusé la consigne lors de ce test.
  • ChatGPT toucherait 71 % des utilisateurs concernés en Allemagne.

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D. Marine
D. Marine
D. Marine rédactrice spécialisée dans l'actualité des entreprises, des innovations et des nouvelles technologies. Elle suit les évolutions des secteurs de l'industrie, du numérique et de l'économie afin de proposer des analyses claires, des décryptages et des informations pratiques à destination des professionnels comme du grand public.

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