ChatGPT franchit une étape sensible dans l’automatisation des usages en ligne. Au 5 septembre 2026, plusieurs sources spécialisées rapportent que l’agent d’OpenAI peut mémoriser des sessions et revenir sur certains comptes sans nouvelle validation explicite de l’utilisateur. La fonction vise à fluidifier les tâches répétitives, mais elle déplace le risque vers l’identité, les accès et les autorisations accordées à l’IA.
OpenAI autorise ChatGPT à mémoriser des sessions en ligne
La nouveauté concerne l’agent capable d’agir sur le web au nom de l’utilisateur. Une fois connecté à un service, ChatGPT peut conserver l’état de la session et retrouver plus tard l’accès au même environnement. L’objectif est pratique: éviter de ressaisir des identifiants à chaque opération et permettre des tâches suivies, comme consulter un espace client, retrouver une facture ou préparer une réservation.
Ce fonctionnement ne signifie pas nécessairement que le mot de passe est visible ou stocké en clair par l’outil. Le point central porte plutôt sur les sessions, les cookies et les jetons d’accès, qui servent à reconnaître un utilisateur déjà authentifié. Dans l’usage courant, ces éléments permettent à un navigateur de rester connecté à une messagerie, une banque en ligne ou une plateforme administrative.
Le changement tient à la délégation. L’utilisateur ne donne plus seulement une information à un logiciel, il autorise un agent à se déplacer dans des comptes en ligne et à y accomplir des actions. Cette différence oblige à distinguer l’accès, la lecture et l’exécution. Lire une commande en cours n’a pas le même impact que modifier une adresse de livraison, télécharger des documents fiscaux ou confirmer une opération payante.
OpenAI a déjà renforcé ses protections de compte avec Advanced Account Security, présenté le 30 avril 2026. Ce dispositif optionnel impose des méthodes de récupération plus robustes, comme des clés de sécurité ou des passkeys de secours, et réduit la dépendance aux récupérations par e-mail ou SMS. Ces protections sécurisent le compte ChatGPT lui-même, mais elles ne règlent pas toute la question des droits confiés à l’agent chez des services tiers.
Pour les particuliers, le risque le plus concret vient d’un mauvais paramétrage. Une autorisation trop large peut transformer une simple assistance numérique en accès permanent à des espaces personnels. Les entreprises, elles, devront intégrer cette logique dans leurs politiques internes, avec des journaux d’activité, des limites de durée et des validations humaines pour les actions sensibles.

BeyondTrust alerte sur l’identité déléguée et les prompts piégés
Morey Haber, conseiller en chef en matière de sécurité chez BeyondTrust, qualifie le sujet moins comme un pur problème de vie privée que comme un risque d’identité, de sécurité et d’autorisation. Son analyse cible un point précis: le mot de passe n’est que la clé d’entrée. Après l’ouverture de la porte, il faut contrôler ce que l’agent peut faire à l’intérieur.
La menace la plus commentée est l’injection de prompt. Dans ce scénario, un contenu piégé pousse l’IA à ignorer les consignes prévues ou à transmettre des informations qu’elle ne devrait pas divulguer. Un message, une page web ou un document apparemment banal peut contenir des instructions destinées non pas à l’utilisateur, mais au modèle qui lit et interprète le contenu.
Les attaquants disposent déjà de méthodes éprouvées pour viser les cookies de session et les jetons d’authentification. Si un agent autonome circule entre plusieurs services, la surface d’attaque s’élargit. Une session détournée peut suffire à consulter des données privées, déclencher une action non souhaitée ou contourner une partie des protections classiques, même sans connaître le mot de passe initial.
La réponse passe par des permissions fines. Un agent ne devrait pas recevoir un accès global quand une tâche limitée suffit. La durée des connexions, les types d’actions autorisées et les confirmations nécessaires doivent être clairement séparés. Pour un achat, une modification de profil ou un transfert de document, une validation manuelle reste préférable à une exécution silencieuse.
Les utilisateurs peuvent réduire l’exposition en évitant les comptes critiques, en révoquant régulièrement les sessions actives et en activant l’authentification forte. Les organisations ont intérêt à tester ces outils dans des environnements isolés avant de les relier à des données clients, financières ou médicales. La commodité promise par l’identité déléguée impose une discipline de sécurité beaucoup plus stricte que celle d’un simple assistant conversationnel.

Questions fréquentes
- ChatGPT conserve-t-il forcément les mots de passe des utilisateurs ?
- Les informations disponibles pointent surtout vers la conservation de sessions, de cookies ou de jetons d’accès. Le risque majeur ne vient donc pas seulement du mot de passe, mais des droits accordés à l’agent une fois la connexion établie.
- Quels comptes faut-il éviter de connecter à un agent IA ?
- Les comptes bancaires, administratifs, médicaux, professionnels sensibles ou contenant des données confidentielles doivent rester prioritaires dans les restrictions. Pour ces services, une validation humaine à chaque action importante demeure recommandée.
- Comment limiter les risques avec cette fonction de ChatGPT ?
- Il faut limiter les autorisations, révoquer les sessions inutiles, activer l’authentification forte et éviter les accès permanents. Les entreprises peuvent ajouter des journaux d’activité et des tests en environnement isolé.
À retenir
- ChatGPT peut conserver des sessions sur certains comptes en ligne.
- Le risque principal concerne l’identité déléguée et les autorisations.
- L’injection de prompt peut détourner une session d’agent IA.
- Les permissions limitées et l’authentification forte réduisent l’exposition.

