Le docteur Jean Pierre Giolitto répond à 8 questions sur la prostate

La prostate est une glande qui fait partie du système reproducteur masculin. L’une de ses fonctions principales est en effet de produire un liquide qui entre dans la composition du sperme.

Plusieurs pathologies peuvent affecter la prostate. Comme l’explique le docteur spécialisé en urologie Jean-Pierre Giolitto, qui exerce à Paray-le-Monial (au CHPCB), ces problèmes peuvent être bénins ou non. Nous vous proposons de découvrir dans ce dossier tout ce qu’il faut savoir sur la prostate.

Qu’est-ce que la prostate ?

L’urologue Jean-Pierre Giolitto rappelle que la prostate est une glande que l’on ne retrouve que chez l’homme. Elle se situe devant le rectum et sous la vessie, en profondeur dans le bassin. Elle entoure également le début du canal de l ‘urètre, le canal qui permet d’évacuer l’urine de la vessie.

La prostate est composée de deux tissus, à savoir :

  • un tissu glandulaire, formé de centaines de petites glandes produisant du liquide ;
  • un tissu de soutien, connu sous le nom de stroma. Il est constitué d’un tissu fibreux avec des artères, des vaisseaux et des veines ainsi que des fibres musculaires lisses.

Elle est par ailleurs enveloppée par une capsule (excepté au niveau de ses parties inférieures et supérieures). On retrouve également un sillon médian qui sépare deux lobes et deux glandes annexes sont adjacentes (les vésicules séminales).

Il faut savoir que la prostate, à l’âge adulte, a la taille d’une châtaigne ou d’une noix, soit de 3 à 4 cm de long et de 3 à 5 cm de large (et environ de 15 à 25 g). Toutefois, le docteur Giolitto rappelle qu’avec l’avancée en âge, elle est amenée à grandir, ce qui peut entraîner l’apparition de certains problèmes.

A quoi sert la prostate ?

Le docteur Jean Pierre Giolitto explique que la prostate a un rôle majeur dans la fonction urinaire, sexuelle et reproductive chez l’homme.

En effet, sa nature de glande lui permet de sécréter un liquide prostatique qui aide les spermatozoïdes à sortir du corps lors de l’éjaculation et à rester en vie lors de leur progression dans l’acidité vaginale. Elle empêche de plus la coagulation du sperme. La prostate joue également un rôle de régulation entre l’éjaculation et les urines : il faut savoir que les spermatozoïdes sont acheminés depuis les testicules vers les vésicules séminales et l’éjaculation passe aussi par l’urètre.

La localisation de la prostate, qui est donc au croisement de l’urètre et des canaux éjaculateurs, en fait un organe crucial pour une bonne miction mais aussi pour la sexualité et la fertilité masculine.

Quels symptômes de la prostate doivent alerter selon Jean Pierre Giolitto ?

Il est important de consulter un médecin ou un urologue, comme l’urologue Jean-Pierre Giolitto à Paray-le-Monial, lors de tout changement constaté. L’augmentation de volume de la prostate peut en effet entraîner l’apparition de nombreux symptômes, comme par exemple :

  • un jet d’urine faible ;
  • un besoin fréquent d’uriner, notamment la nuit. On parle alors de pollakiurie. 50 % des hommes âgés de 50 ans ont au moins une miction nocturne ;
  • une sensation de ne pas avoir vidé complètement sa vessie ;
  • des fuites urinaires, appelées incontinence urinaire ;
  • des difficultés, voire même l’impossibilité, d’uriner ;
  • une infection urinaire, comme la cystite, la prostatite ou la pyélonéphrite ;
  • la présence de sang dans les urines ou le sperme ;
  • des difficultés à avoir une érection ;
  • des douleurs au moment de l’éjaculation.

Toute modification de la prostate, que ce soit en volume, en taille ou au niveau de ses tissus, peut entraîner des troubles urinaires ou sexuels.

Quelles sont les pathologies liées à la prostate ?

Les hommes peuvent être touchés par différentes maladies de la prostate. C’est particulièrement le cas à partir de 40 ans, comme le précise M. Giolitto.

#1 L’inflammation de la prostate ou prostatite

La prostate peut être atteinte par des maladies infectieuses. On parle alors d’inflammation de la prostate ou de prostatite.

Les symptômes sont généralement une sensation de brûlure lors de la miction, une fatigue intense et/ou une fièvre importante. Dans la plus grande majorité des cas, il s’agit d’une bactérie E. Coli qui est à l’origine de l’infection. Des examens sont toutefois nécessaires pour que le professionnel de santé prescrive le traitement adapté, comme des antibiotiques. La chirurgie est rarement  nécessaire sauf en cas de récidives ou de rétention urinaire.

#2 L’adénome de la prostate

L’adénome de la prostate, que l’on appelle aussi l’hypertrophie bénigne de la prostate, représente une augmentation du volume de la prostate. Ce phénomène est fréquent chez les hommes à partir de la quarantaine et plus encore à partir de 50 ans. L’incidence de cette pathologie augmente en effet avec l’âge, rappelle le docteur spécialisé en urologie Jean-Pierre Giolitto.

Il faut savoir que l’adénome de la prostate n’entraîne pas nécessairement de symptômes. Ils peuvent toutefois apparaître sous la forme de troubles mictionnels, comme l’envie fréquente d’uriner ou la diminution de la force du jet.

Une fois son diagnostic posé, l’urologue commence par prescrire un traitement médical à son patient. En cas d’échec, une chirurgie peut être envisagée en fonction de la gravité des symptômes.

#3 Le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est l’un des cancers le plus fréquent et représente la 3e cause de mortalité par cancer chez l’homme. En France, il est le 1er cancer en matière d’incidence et représente 25 % des cancers masculins : le docteur en urologie Jean-Pierre Giolitto précise qu’1 Français sur 8 développe un cancer de la prostate au cours de sa vie. Ce cancer, plutôt rare avant 50 ans, augmente avec l’âge. Le pic de fréquence est en moyenne à 65 ans. Mais il fait savoir qu’il présente de bons pronostics, avec un taux de survie à 5 ans de plus de 90 %.

On trouve trois types de cancers de la prostate en fonction de son étendue :

  • localisé : la tumeur est localisée dans l’enveloppe de la glande ;
  • localement avancé : la tumeur grossit et les cellules cancéreuses sortent de l’enveloppe de la glande sans toutefois se répandre ;
  • métastatique : les cellules cancéreuses quittent la prostate. Elles atteignent les ganglions et les os pour former des métastases et s’étendre à d’autres parties du corps.

Il est à noter que le cancer de la prostate n’entraîne pas forcément de symptômes. Ces derniers apparaissent à un stade plus avancé.

Le professionnel de santé, comme l’explique l’urologue M. Jean-Pierre Giolitto, sélectionne le traitement adapté à son patient et au type de cancer. Il s’agit de :

  • la radiothérapie ;
  • l’hormonothérapie ;
  • la chimiothérapie ;
  • la chirurgie, appelée « prostatectomie totale » ou « prostatectomie radicale ».

Quels sont les facteurs de risque du cancer de la prostate ?

Certains facteurs de risque du cancer de la prostate ont été identifiés :

  • les antécédents familiaux : les chercheurs ont découvert une forme « familiale » du cancer de la prostate (dans environ 20 % des cas). C’est le cas si le patient a deux cas parmi ses parents du premier degré (père, frère, fils). Il existe également une forme dite héréditaire (dans 5 % des cas) : la personne atteinte connaît au minimum trois cas parmi ses parents du premier et deuxième degré (ou deux cas pour des parents âgés de moins de 55 ans) ;
  • l’âge : le cancer de la prostate touche dans la très grande majorité des cas des hommes de plus de 70 ans. Il reste assez exceptionnel avant 40 ans ;
  • l’origine ethnique : le cancer de la prostate est beaucoup plus fréquent chez les Européens du Nord, les hommes d’origine africaine et les Nord-Américains.

D’autres facteurs peuvent par ailleurs favoriser le cancer de la prostate. C’est notamment le cas du tabagisme, de l’obésité ou encore d’une consommation importante de produits laitiers ou de charcuteries.

Quels sont les examens clés de la prostate ?

En cas de symptômes ou de facteur héréditaire, monsieur Jean-Pierre Giolitto explique que l’urologue peut prescrire à son patient différents examens pour s’assurer du bon fonctionnement de la prostate et détecter toute éventuelle anomalie.

#1 Le dosage sanguin

Réaliser une prise de sang permet de connaître le taux de l’antigène spécifique de la prostate (plus connu sous le nom de PSA). Il s’agit d’une protéine produite naturellement par la prostate. Un taux supérieur aux valeurs normales (inférieures à 4 ng/ml) peut permettre à l’urologue, comme M. Jean Pierre Giolitto, de mettre en lumière une anomalie.

#2 L’analyse d’urine

L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) est prescrit par le médecin afin de détecter une éventuelle infection urinaire.

#3 Le toucher rectal

L’urologue peut effectuer un toucher rectal qui consiste à introduire un doigt ganté et lubrifié dans l’anus afin d’avoir accès à la face postérieure de la prostate (contre le rectum). Cet examen clinique permet au spécialiste d’évaluer la souplesse de la prostate, la consistance de ses tissus ainsi que son volume.

#4 La biopsie

Lors d’une biopsie, le professionnel de santé introduit une sonde d’échographie par le rectum  afin de voir la prostate et guider la biopsie. A l’aide d’une aiguille, il prélève des cellules prostatiques pour ensuite les analyser.

Est-ce que je peux avoir une érection après une opération de la prostate ?

érection après une opération de la prostate
érection après une opération de la prostate

Lors d’une opération de la prostate, le chirurgien veille à préserver les nerfs liés à l’érection afin que le patient puisse conserver une vie sexuelle, notamment après le cancer de la prostate. Toutefois, l’urologue Jean Pierre Giolitto indique que ces nerfs sont malgré tout étirés au cours de l’intervention.

C’est pourquoi une chirurgie de la prostate peut entraîner dans certains cas des troubles ou la perte d’érections spontanées pendant quelque temps, et ce, à différents degrés. Les érections peuvent ainsi être très faibles et même inexistantes pendant plusieurs mois après la chirurgie. Certains patients ne retrouvent jamais la capacité d’avoir une érection spontanée.

À moyen terme, le pénis peut ainsi manquer d’oxygène et perdre son réflexe érectile, voire même devenir moins élastique. Toutefois, il est important de savoir que la majorité des hommes ayant subi une chirurgie de la prostate note une amélioration de leurs érections, même si pour certains les troubles durent jusqu’à 36 mois.

Le spécialiste en urologie Jean Pierre Giolitto précise qu’il existe des traitements qui permettent de faciliter le retour des érections spontanées. Ils doivent être pour cela proposés peu de temps après la chirurgie. Il s’agit de médicament oral, prescrits à des doses très faibles pour favoriser un léger reflux sanguin pour oxygéner le pénis. Les doses peuvent parfois être augmentées  pour retrouver une érection et reprendre une vie sexuelle normale.

L’enjeu est de stimuler et de rééduquer le pénis. Les recherches sur les troubles de l’érection suite à une chirurgie de la prostate conduisent à l’apparition de nouveaux traitements. On peut à ce titre évoquer une étude de l’Inserm, dont les résultats ont été publiés dans la revue European Urology. 12 patients présentant de sévères troubles de l’érection après un cancer de la prostate ont reçu une greffe de cellules souches dans le pénis. Des améliorations significatives de la qualité de l’érection, de la rigidité du pénis, des rapports sexuels et de la qualité de l’orgasme ont été constatées dans les 6 mois par les patients.

Les conseils de Jean-Pierre Giolitto pour prendre soin de sa prostate 

Si les troubles de la prostate touchent de nombreux hommes au cours de leur vie, il est possible de limiter les risques en adoptant une bonne hygiène de vie.

#1 La prévention par l’alimentation

prévention par l’alimentation

Certains aliments permettent de faire baisser le taux de l’Antigène Spécifique de la Prostate (PSA) et réduisent le risque de développer un cancer de la prostate.

Les professionnels de santé, à l’image du docteur Jean-Pierre Giolitto, recommandent d’avoir une alimentation variée et saine afin de renforcer le système immunitaire et protéger le système cardiovasculaire. Il convient pour cela de privilégier les fruits et légumes ainsi que les protéines maigres, comme le poisson, le poulet ou le soja (ce dernier contient des isoflavones qui protègent contre certains cancers). Un apport régulier en acides gras oméga-3, comme les poissons gras et huile de colza ou de noix, est par ailleurs bénéfique.

L’action antioxydante du lycopène, un pigment rouge de la famille des caroténoïdes (qui donne la couleur aux fruits rouges, aux pastèques, aux tomates ou encore aux poivrons), protège également de certains cancers. C’est aussi le cas de la catéchine présente dans le thé vert.

A contrario, certains aliments sont à consommer avec modération, voire à bannir, car ils augmentent le risque de développer un trouble prostatique. C’est notamment le cas  des sucres simples raffinés (présents dans les sodas, les confiseries, les plats industriels…) et les graisses saturées d’origine animale (comme la charcuterie, les viandes rouges grillées ou les produits laitiers).

De même, l’alcool et le tabac (et toute autre substance pro-inflammatoire) doivent être évités. Car plus il y a d’inflammation dans l’organisme, plus le risque au niveau de la prostate est grand.

#2 Avoir une bonne hygiène de vie

Avoir une activité physique régulière est fortement préconisée par les professionnels de santé, dont M. Jean Pierre Giolitto. Selon une étude, trois heures d’exercice par semaine procurent un taux de survie plus élevé chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate. Mais attention : certains sports peuvent aggraver par exemple l’adénome prostatique par leur intensité ou par le fait qu’ils sollicitent trop le plancher pelvien (comme l’équitation ou le vélo.

Certaines études ont par ailleurs démontré que les hommes présentant un grand niveau de stress avaient généralement un taux de PSA plus élevé. Il est donc nécessaire d’évacuer tout stress en trouvant l’activité adaptée (sport, jardinage, yoga, méditation…). En outre, le maintien d’une activité sexuelle a également un rôle protecteur.

#3 Les conseils du docteur Jean-Pierre Giolitto pour prendre soin de sa prostate

Pour prévenir les inconvénients liés aux troubles de la prostate, comme le besoin fréquent d’uriner, il est possible de prendre certaines habitudes :

  • adapter sa consommation d’eau à son activité : il vaut mieux éviter de boire trop avant un long trajet en voiture ou avant d’aller se coucher ;
  • éviter de se retenir longtemps lorsque l’on a besoin d’uriner : la vessie appuie alors trop sur la prostate ;
  • prendre le temps de bien vider sa vessie lorsque l’on urine ;
  •  éviter la constipation : les selles contenues peuvent comprimer la prostate.

 

Qui est Jean Pierre Giolitto ?

Qui est Jean Pierre Giolitto
Qui est Jean Pierre Giolitto

Jean-Pierre Giolitto a rapidement découvert sa vocation : il fera médecine. Lors de ses études, il a réalisé son internat dans le service d’Urologie du Centre hospitalier Universitaire de Grenoble dirigé par le Professeur Gilbert Faure.

Il a pu acquérir auprès de son mentor de solides compétences mais aussi de profondes valeurs, comme l’éthique, la rigueur ou encore l’écoute.

C’est au cours de cet internat qu’il a décidé d’opter pour l’urologie, un domaine qui le passionne. Il va alors avoir une brillante carrière, enrichie de rencontres. Fort de son expérience, le docteur Jean-Pierre Giolitto va devenir Chef de clinique urologique. Il va également à cette occasion former de nombreux chirurgiens.

Il souhaite en effet partager son expérience et c’est d’ailleurs pourquoi il est l’auteur de nombreuses publications médicales. Son professionnalisme et son expertise vont par ailleurs le conduire à exercer la fonction d’expert judiciaire auprès de la Cour d’appel de Reims pendant plus de dix ans.

M. Jean Pierre Giolitto, docteur spécialisé en urologie, exerce actuellement  au Centre Hospitalier du Pays Charolais Brionnais Centre Hospitalier intercommunal de Paray-le-Monial.

Pour en savoir plus :
Jean Pierre Giolitto sur CV Online
Jean Pierre Giolitto sur DoYouBuzz

 

SOURCES :

    • https://www.cancer-environnement.fr/318-Cancer-de-la-prostate.ce.aspx
    • https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-de-la-prostate
    • https://www.procure.ca/2016/09/16/la-reeducation-du-penis-apres-votre-chirurgie/
    • https://www.prostate.fr/astuces-prendre-soin-prostate/
  • Prostate Cancer, nutrition, and dietary supplements. National Cancer Institute
  • Prostate cancer – evidence of exercice and nutrition trial. BMC.
  • Le Duc A. Histoire naturelle de l’hypertrophie bénigne de la prostate et vieillissement de l’appareil uro-génital. e-mémoires Acad Nat Chir 2005 (https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-07/referentieleps_format2clic_kc_prostate_vfinale.pdf )
  • https://presse.inserm.fr/troubles-de-lerection-cancer-prostate-premieres-greffes-de-cellules-souches-dans-le-penis/22152/
  • https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0302283815009343?via%3Dihub

 

 

 

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