Le cabinet McDermott Will & Schulte identifie trois dossiers qui concentrent l’attention des directions en 2026: la facturation électronique, la transparence salariale et l’encadrement de l’intelligence artificielle. Pour les dirigeants, ces sujets ne relèvent plus seulement de la conformité juridique. Ils touchent la trésorerie, les ressources humaines, les systèmes d’information et la gouvernance interne.
Facturation électronique 2026: les directions financières sous pression
La réforme française de la facturation électronique entre dans une phase opérationnelle pour les entreprises. À partir du 1er septembre 2026, toutes les sociétés devront pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront aussi les émettre. Cette échéance impose une préparation technique, fiscale et contractuelle qui dépasse le simple changement de format documentaire.
Les directions financières doivent choisir leurs outils, vérifier la qualité de leurs bases clients et fournisseurs, puis organiser les flux avec une plateforme agréée ou une solution compatible. Le rôle des plateformes de dématérialisation partenaires devient central, car elles assureront la transmission des données à l’administration fiscale et aux destinataires. Un paramétrage imprécis peut entraîner des rejets de factures, des retards de paiement et des tensions de trésorerie.
Le sujet concerne aussi les directions juridiques. Les contrats avec les prestataires numériques doivent préciser la continuité de service, la responsabilité en cas d’erreur de transmission et la protection des données commerciales. Les entreprises qui travaillent avec de nombreux fournisseurs étrangers devront vérifier si leurs processus permettent de distinguer les opérations soumises à la réforme française et celles relevant d’autres régimes.
McDermott Will & Schulte insiste sur le besoin d’un pilotage au niveau du comité de direction. La réforme ne se limite pas à un projet comptable. Elle suppose des tests, une cartographie des flux et une formation des équipes achats, ventes et comptabilité. Les dirigeants qui attendent la dernière ligne droite risquent de découvrir trop tard des incompatibilités entre leurs logiciels, leurs procédures internes et les exigences de l’administration.

Transparence salariale et IA: McDermott alerte les dirigeants
La transparence salariale modifie les pratiques des ressources humaines. En 2026, les entreprises doivent anticiper des demandes plus précises sur les niveaux de rémunération, les critères d’évolution et les écarts entre femmes et hommes. Les informations publiées dans les offres d’emploi, les grilles internes et les réponses aux salariés devront être cohérentes, sous peine d’alimenter des contestations individuelles ou collectives.
Ce mouvement oblige les dirigeants à documenter les décisions salariales. Les primes, les augmentations et les classifications devront reposer sur des critères vérifiables. Pour les groupes internationaux, la difficulté vient souvent de la comparaison entre filiales, métiers et conventions collectives. Une politique jugée claire au siège peut devenir fragile si les managers locaux appliquent des règles différentes ou mal justifiées.
L’usage de l’intelligence artificielle ajoute une couche de complexité. Les outils de recrutement, d’évaluation de performance ou de planification des effectifs peuvent produire des décisions influençant directement la carrière d’un salarié. Les directions devront connaître les données utilisées, les biais possibles et les mécanismes de contrôle humain. L’argument technique ne suffira pas si un candidat ou un salarié conteste une décision automatisée.
Le cabinet McDermott Will & Schulte recommande une gouvernance associant ressources humaines, juridique, informatique et conformité. Les comités sociaux et économiques peuvent demander des explications sur les outils déployés, notamment lorsqu’ils touchent à l’organisation du travail. Les entreprises les mieux préparées disposent déjà d’un inventaire de leurs usages de l’IA, de procédures d’audit et de responsables clairement désignés pour arbitrer les risques sociaux, fiscaux et technologiques.


